Parcours et agency des enfants dans les services de protection de l’enfance : le cas des enfants sans parent résidant en établissement

Par
Séphora Besançon
Direction
Virginie Vinel
Début de la thèse
2021

Résumé

Ce projet de thèse prend appui sur deux champs de la sociologie : la sociologie de l’enfance et des enfants, et la sociologie des politiques de protection de l’enfance. Le concept d’agency, souvent traduit par capacité d’agir, est l’un des concepts clés des « new childhood studies » et de la sociologie de l’enfance (Sirota 2006, 2013). Il connait plusieurs sens décryptés par différents auteurs (Garnier 2015; Vinel Zaltron 2020).

Il ne peut se résumer à une capacité de choix ou à l’expression d’un point de vue d’un enfant que l’on voudrait individualiser et autonomiser dans un monde néolibéral. Il est plutôt le résultat d’une coconstruction relationnelle impliquant des enfants, des adultes et des artefacts (Prout, 2005; Spyrou, 2011).

Le chercheur sera amené à prêter attention aux différentes façons dont l’agency des enfants peut s’exprimer, y compris par le corps, les silences, les refus, les esquives (Vinel, Zaltron, 2020), ce que j’ai déjà tenté de faire dans ma recherche de M2 (Besançon, 2020). L’intérêt pour l’enfant ayant une capacité d’agir dans la recherche en sociologie rencontre celui des politiques sociales à mettre l’enfant au coeur des dispositifs depuis la promulgation de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (1989) et, en France, la loi du 5 mars 2007 Philippe Bas renforcée par la loi Dini-Meunier (2016).

La place de l’enfant dans les procédures de décision de son parcours est déterminante dans la poursuite de la protection via le contrat de jeune majeur (Frechon, Marquet 2018). Dans la thèse, l’agency sera interogée dans son sens complexe, dans la vie quotidienne des enfants, et sa prise en compte dans les parcours proposés par les politiques publiques.